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samedi 6 décembre 2008

Fin de conflit

Jeudi 4 décembre au soir, les présidents des collectivités territoriales et le Préfet signent un protocole de sortie de crise. L'article 7 de ce protocole (annonce de levée des barrages) n'ayant pas été respecté, le doute sur le déblocage des axes routiers se prolonge jusqu'au lendemain.

signatures du protocole de sortie de crise
C'est ce qui explique l'absence totale d'élèves aux cours du vendredi matin alors que les camions ont levé le siège des carrefours pendant la nuit, pour un dernier baroud d'honneur dans les rues de Cayenne.


Certains professeurs sont revenus au collège et en profitent pour remplir les bulletins de fin de premier trimestre. Un nouveau calendrier des conseils de classe est distribué.


Dans les stations services en attente d'être réapprovisionnées, la queue s'allonge. Les automobilistes veulent goûter au carburant moins cher (1,47 € le litre de super au lieu de 1,77 €) ; tout en évitant de faire le plein, sachant que normalement, après délibération des assemblées territoriales et arrêté du Prefet, la baisse de 50 centimes ne sera effective que lundi matin.


La vie s'anime à Rémire-Montjoly. Les automobiles reprennent possession des rues au grand dam des vélos. Les produits frais refont leur apparition comme à la Casa Dino.


Les artisans reprennent leurs activités. Bonne nouvelle, dans un dizaine de jours, la pizzeria Kwata de Montjoly, qui avait cramé dans un incendie, va réouvrir dans des locaux provisoires. Les anciennes cartes de fidélité sont toujours valables !


Finis les départs à pied pour l'aéroport.


Il restera à effacer quelques stigmates d'un conflit dur mais dont l'objectif aura été atteint, malgré quelques arrangements dont l'avenir nous dira la pertinence.


mercredi 3 décembre 2008

"N'oublie pas ... nos 50 cts !"

Rendez-vous : jardin botanique de Cayenne à 8h. La consigne, mettre un tee-shirt blanc. Mot d'ordre : baisse de 50 centimes sans toucher aux recettes des collectivités territoriales. Des bus ont été réquisitionnés pour convoyés les sympathisants depuis les barrages qui bloquent le chef-lieu.


C'est l'occasion de perfectionner son créole en passant en revue les slogans : "Nou pe ke djokoti", "50 centimes san kata kata", "Peia dibout", ... Beaucoup de drapeaux de Guyane ont été distribués, de nombreux jeunes adultes s'en sont affublés de manière originale.


Vers 9h30 le cortège s'élance le long des avenues d'Estrées et de Gaulle en direction de la place des Palmistes. Il rassemble entre 4 500 (selon la Préfecture) et 7 000 (selon les organisateurs) manifestants.


Les personnalités politiques locales sont en tête du cortège. La manifestation doit permettre de modifier le rapport de force avec l'Etat et la SARA qui ne veulent pas céder plus de 30 centimes par litre de carburant, malgré la baisse du prix du brut sur le marché mondial.

L'ambiance est bon enfant. Chanson de circonstance : "Petit papa Noël, quand tu descendras du ciel, avec tes jouets par milliers, n'oublie pas mes 50 centimes"!

Dans l'ignorance du montant des bénéfices réalisés par l'importateur exclusif d'hydrocarbures en Guyane (SARA), l'exigence des consommateurs reste ferme : "50 cents, a sa nou lé - Yes we can !"


Sous le chapiteau permanent de la place des Palmistes et le regard bienveillant de Marianne, les discours cherchent à galvaniser la foule. Celui de Mme Prévot-Madère, l'énergique présidente de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises, est efficace et rassembleur.


Vers 11h30, la démonstration de force est réalisée. La foule des tee-shirts blancs se disperse dans un Cayenne aux rideaux pour la plupart baissés. Sans incident ni débordement.



C'est désormais l'attente de la réponse du gouvernement aux quatre propositions des collectivités territoriales qui cherchent à éviter de diminuer de 20 centimes les taxes sur le carburant qui alimentent leurs budgets d'investissement. "Un tien vaut mieux que deux tu-l'-auras" !

Chez notre voisin Dédé

Il y a du bon dans la tournée des popotes sur les barrages qui bloquent les accès routiers de notre commune Rémire-Montjoly : rencontres, discussions, partage d'un moment de fraternité, espoir de victoire, échange d'infos.

En voici une toute fraîche, récoltée sur ddpresse, le blog du collège Auguste Dédé, et qu'on vous livre avec plaisir (en remerciant loe visiteur qui nous a mis sur la piste de ce clip en postant un commentaire) :



En ce neuvième jour de grève, la tension monte. Le Collectif négocie âprement une issue favorable au conflit, souhaitant atteindre l'objectif initial : 0,50 € de baisse sans perte de recettes pour les collectivités territoriales.


Les traits sont tirés mais la volonté de gagner reste générale et populaire. Pas de tergiversation ni de dissension.


Les soutiens sont toujours aussi nombreux. Ici la députée de la 2ème circonscription (dont fait partie Rémire-Montjoly), Chantal Berthelot :


Le sinobol est le bienvenu au moment où le soleil est au zénith.


Les sympathisantes sont belles et courageuses.

dimanche 30 novembre 2008

Ballet de personnalités à Suzini

Matinée dominicale sur le barrage de Suzini. La réponse aux propositions gouvernementales est là aussi catégorique.


La nuit précédente a été animée. Beaucoup de monde s'est déplacé pour écouter les nombreuses prises de parole. Peu de changement dans l'organisation du barrage. Les popotes s'activent pour alimenter les piquets de grève.

Les boissons sont bien fraîches dans les glacières, les femmes cuisinent : colombo, haricots rouges, poissons braisés, ... L'intendance entretient le moral des troupes.


Vers midi, Mgr Lafont vient apporter son soutien à la revendication du collectif des consommateurs et des socio-professionnels. Il rappelle que la lutte pour la construction d'une société guyanaise juste et prospère ne s'arrêtera pas à l'obtention légitime d'une baisse de 50 centimes.


L'évêque est accompagné de jeunes Brésiliens du Ceara, membres de la communauté catholique Shalom, arrivés depuis une semaine pour une mission à Cayenne. Le groupe est invité à partager le menu du piquet de grève, à communier en ce moment exceptionnel.


Une idée germe : et si le Collectif organisait un marché de fruits et légumes sur les 3 principaux barrages avec la communauté Hmong ? Celle-ci pourrait écouler ses denrées périssables et la population rejoindrait les piquets de grève pour s'approvisionner en produits frais, après une semaine sans marché.


Autre mouvement de foule lors de la visite éclair du Président du Conseil Régional de Guadeloupe, Victorin Lurel, accompagné de son homologue Antoine Karam. Les Antilles, approvisionnées également par la SARA, sont intéressées par les baisses de prix engendrées par le mouvement de protestation guyanais et répercutées à la pompe dès lundi.


Toutes les générations sont présentes et vivent sereinement cette situation extraordinaire ...


... comme faire du tricycle, sans risque, en plein carrefour de Suzini débarrassé de son traffic automobile !


VOIR LE DIAPORAMA

Photo-reportage : Blaufoué

mercredi 26 novembre 2008

Collège désert

Drôle d'ambiance au collège ce mercredi 26 novembre. A la sonnerie de 11h30 aucun mouvement d'élèves, ni à l'entrée ...

collège déserté ce mercredi 26 novembre 2008
... ni à l'intérieur, sous le préau central. Quelques rares professeurs, habitant les environs immédiats, viennent enregistrer leurs notes en vue des prochains conseils de classe clôturant le premier trimestre. Les élèves sont restés patienter à domicile.


Les barrages ont eu raison de toute activité pédagogique. Visant la paralysie de l'activité économique guyanaise, ils bloquent les carrefours stratégiques dont celui des Marrons de la Liberté où convergent cinq axes routiers.


Efficace chapelet de poids lourds au pied de la nouvelle statue des Marrons se libérant de l'esclavage : circulation automobile complètement stoppée, pique-nique improvisé sur le bitume et concert nocturne la nuit précédente !


Certains jeunes, du lycée Damas ou des collèges Dédé, Rémire 2 ou Ste Thérèse, viennent observer leurs ainés mener un conflit social d'autant plus âpre et rude que les autorités gouvernementales taisent jusqu'à présent leurs intentions et volonté de conciliation.


A quand l'explosion de joie et le sentiment d'avoir mené avec dignité une lutte juste et légitime ?


VOIR DIAPORAMA

---> Pour tous ceux qui nous visitent en surfant sur Internet, un super mambo en guise de cours de musique !


mardi 25 novembre 2008

Collège au ralenti

Depuis hier, lundi 24 novembre, le collège tourne au ralenti. Peu d'élèves et de professeurs présents. La Vie Scolaire est fermée faute de surveillants !
La raison ? Dans la nuit de dimanche à lundi, des barrages aux carrefours stratégiques de Suzini, des Marrons de la liberté et de Balata empêchent la population de rejoindre ses lieux de travail. Un collectif de consommateurs et de socio-professionnels s'est lancé dans un blocage des axes routiers pour la baisse des prix des carburants anormalement excessifs en Guyane.


Les grévistes filtrent sévèrement les usagers de la route. Seuls les ambulances, pompiers, médecins, infirmiers, transports de médicaments ont le droit de passer aisément, permettant à certains deux-roues motorisés de s'engouffrer dans la brèche.


Jusqu'à mardi midi, les piétons et les cyclistes obtenaient grâce auprès des piquets de grève désireux de bloquer l'activité économique guyanaise.


Il s'agit de faire ainsi pression sur les autorités publiques afin de les forcer à la négociation. Objectif : obtenir une baisse de 50 centimes d'euros par litre de carburant.
Rappelons que le litre du super (sans plomb 95) est aujourd'hui de 1,77 € en Guyane et de 0,99 € dans certaines grandes surfaces de l'hexagone ! Voir http://www.prix-carburants.gouv.fr/

Les citoyens éprouvent désormais un regain d'intérêt pour la bicyclette, surtout depuis que les stations services non ravitaillées ne délivrent plus de carburant !